20ème anniversaire de l’action militaire de l’OTAN en Serbie et au Kosovo

Conseil permanent du 28 mars 2019

Déclaration de la France en réponse à la Serbie et à la Russie au sujet du 20ème anniversaire de l’action militaire de l’OTAN en Serbie et au Kosovo

Monsieur le Président, en réponse aux déclarations de la Serbie et de la Russie au sujet du 20ème anniversaire de l’action militaire de l’OTAN en Serbie et au Kosovo, je souhaite intervenir en deux temps.

Pour commencer je souhaiterais relire la déclaration prononcée à Berlin le 24 mars 1999 par M. Jacques Chirac, le Président de la République française à l’époque, sur les raisons de la décision d’une action militaire de l’OTAN en Serbie et au Kosovo :

« Je souhaite expliquer aux Français pourquoi une action militaire va être conduite par l’OTAN contre les forces serbes du Président Milosevic.
Je souhaite leur expliquer pourquoi j’ai décidé, en plein accord avec le Gouvernement, que l’armée de l’air française participerait à cette action avec toute l’Alliance atlantique.
Depuis trop longtemps, les autorités serbes ont un comportement inacceptable à l’égard des Albanais du Kosovo qui représentent, je le rappelle, 90 % de la population de cette province.
Les cohortes de réfugiés, la destruction des villages, les assassinats, les massacres, en portent témoignage. Et c’est intolérable.
Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est la paix sur notre sol, la paix en Europe, et c’est aussi chez nous, les droits de l’homme.
L’Angleterre et la France, en accord avec leurs partenaires européens, américains et russes, ont pris l’initiative d’une conférence de la paix. Elle s’est tenue, vous le savez, à Rambouillet et des résultats tangibles ont été obtenus :
- Les Kosovars ont accepté une autonomie substantielle de leur province ; ils ont également accepté que leurs forces armées rendent leurs armes.
- En revanche, les Serbes, qui dans un premier temps avaient donné le sentiment qu’ils acceptaient l’accord politique, l’ont rejeté sans raison, comme ils ont refusé la présence au Kosovo d’une force militaire chargée de s’assurer que les accords étaient bien respectés par les deux parties.
De plus, en violation des engagements qu’il avait souscrits, le Président serbe a massé 40 000 hommes et plus de 300 chars dans la province ou à ses frontières.
Tout a été fait pour faire prévaloir une solution de raison, une solution de paix. Une solution conforme aux droits de l’homme. Tout.
Devant l’obstination injustifiable et incompréhensible du Président Milosevic, les Alliés unanimes ont estimé qu’il n’y avait plus d’autres choix que d’intervenir militairement contre des objectifs serbes bien ciblés et ceci afin de contenir une tragédie qui, de proche en proche, menace la stabilité de tous les Balkans.
Le Président Milosevic, qui porte toute la responsabilité de cette situation, doit néanmoins savoir qu’il peut à tout moment revenir à la table de négociation pour signer l’accord de paix.
Parce qu’il s’agit de la paix sur notre continent, parce qu’il s’agit des droits de l’homme sur notre continent, je sais que les Françaises et les Français comprendront que nous devions agir.
 »

Je souhaiterais maintenant évoquer avec vous les points qui constituent la position française actuelle sur le sujet, dans la continuité de la déclaration du Président Chirac précitée.

La France a participé à la campagne aérienne de l’OTAN – opération Force Alliée – déclenchée le 24 mars 1999 pour contraindre Slobodan Milosevic, alors à la tête de la Yougoslavie, de cesser les exactions au Kosovo contre les populations civiles et pour permettre le retour des réfugiés et des déplacés et l’accès des organisations humanitaires au Kosovo.

Cette opération militaire a été déclenchée après que tous les moyens politiques et diplomatiques ont été épuisés pour convaincre Slobodan Milosevic de faire le choix d’une solution négociée et de la paix au Kosovo, en adhérant aux accords de Rambouillet.

L’opération Force Alliée n’était pas dirigée contre le peuple serbe. La France déplore les pertes de vies humaines au Kosovo et en Serbie.

A la suite de cette campagne aérienne, l’OTAN a déployé une opération militaire de maintien de la paix, la KFOR, dans le cadre des Nations unies (résolution 1244 du Conseil de sécurité), qui est toujours présente au Kosovo aujourd’hui et qui contribue à une plus grande stabilité dans les Balkans occidentaux. Des soldats français ont pris une part importante pendant de nombreuses années à la KFOR, en particulier au nord du Kosovo. Plus d’une vingtaine d’entre eux y ont laissé leur vie au service de la paix.

La France soutient la recherche d’un règlement entre le Kosovo et la Serbie, avec la médiation de l’Union européenne. Elle considère qu’il appartient aux deux parties de déterminer le contenu d’un accord et d’examiner toutes les options pouvant conduire à un règlement global et définitif de ce différend et au renforcement de la stabilité de la région. Elle souhaite que les discussions entre les deux parties reprennent dans les meilleurs délais.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 28/03/2019

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