Allocution de l’Ambassadeur Visconti, Co-président français du groupe de Minsk

Allocution de l’Ambassadeur Stéphane VISCONTI,
Co-président français du groupe de Minsk au Conseil permanent de l’OSCE

Vienne, mercredi 8 novembre 2018

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président en exercice de l’OSCE,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Il y a aujourd’hui un an, presque jour pour jour, nous étions réunis dans cette même salle pour une présentation et des échanges sur les perspectives de règlement de ce conflit du Haut-Karabagh qui demeure pour nous tous depuis tant d’années un objet de préoccupation et d’attention centrale.

Avec mes collègues américain et russe, nous avions eu l’opportunité d’exprimer une note d’optimisme, prudente naturellement mais réelle, suite aux engagements pris à Genève en octobre 2017 par le Président Aliev et son homologue d’alors, le Président Serge Sarkissian. L’objectif des co-présidents d’amener les deux dirigeants à renouer un dialogue direct avait été atteint à la suite de longs mois de médiation et d’efforts de conviction.

Cet engagement résolu des trois co-présidents dans leur effort de médiation, en liaison étroite et constante avec le représentant personnel de la présidence en exercice sur le terrain, s’est poursuivi au cours de ces douze derniers mois, dans un contexte qui a été marqué, vous le savez, par des échéances électorales et des développements politiques d’importance majeure dans la région et qui ont mobilisés l’attention des Etats membres de l’OSCE et au-delà. Cette dynamique de changement se poursuit actuellement en Arménie puisque vous savez que des élections parlementaires ont été convoquées pour le 9 décembre prochain.

Permettez-moi, dans le prolongement de l’intervention de mon collègue l’Ambassadeur Igor Popov, de vous apporter quelques éclairages personnels sur les efforts déployés par la co-présidence du Groupe de Minsk et les avancées appréciables, dans le contexte que je viens de mentionner, auxquelles nous sommes parvenus.

Tout d’abord, les co-présidents du Groupe de Minsk et les hautes autorités que chacun d’entre nous représente n’ont pas ménagé leurs efforts pour conforter, dans le respect de leur mandat, les deux principaux engagements rendus publics lors du sommet de Genève par les parties : intensification des négociations, réduction des tensions sur le terrain.

Concrètement, les consultations avec l’ensemble des responsables susceptibles de contribuer à un règlement pacifique et durable du conflit ont été cette année particulièrement denses et confiantes. Je pense avant tout naturellement aux autorités arméniennes et azerbaïdjanaises avec qui les échanges ont été incessants y compris, de manière informelle, pendant les périodes entourant les échéances électorales. Des rencontres ont été organisées lors de nos déplacements dans la région, notamment en février, en juin et la semaine dernière, mais aussi à Vienne, en Pologne, en France, à Bruxelles, à New-York et à Luxembourg.

Nos visites dans la région nous fournissent l’occasion d’entretiens avec les autorités de facto de Stepanakert / Xankəndi et nous permettent d’obtenir de visu des éléments d’appréciation sur la situation dans les sept territoires contrôlés par les forces arméniennes.

De nombreux contacts ont été aussi approfondis ces douze derniers mois avec d’autres acteurs intéressés par le conflit : le Secrétariat général des Nations unies et ses agences (HCR, PNUD), le CICR dont l’action humanitaire est politiquement neutre - renforcée par sa présence sur place –mérite un soutien déterminé, mais également certaines initiatives visant à rapprocher les sociétés civiles, je pense aux programmes EPNK financés par l’Union européenne.

Enfin, chers délégués, vous savez notre engagement à tenir informé très régulièrement la présidence en exercice de notre organisation - et je salue à ce titre l’exceptionnelle collaboration avec les autorités autrichiennes, italiennes et bientôt slovaques, nous nous déplaçons d’ailleurs demain à Bratislava à l’invitation du Ministre des affaires étrangères Lajčák. Mes remerciements exprimés au nom de la co-présidence du Groupe de Minsk vont aussi au Secrétaire général Greminger pour son soutien sans faille, ainsi qu’aux capitales du Groupe de Minsk que nous avons rencontrées ces derniers mois pour des consultations sur les perspectives du conflit, avec en particulier des salutations très cordiales à l’adresse de la Turquie et de la Finlande.

Force est de constater qu’aujourd’hui comme hier, dans tous ces efforts déployés, la France, la Russie et les Etats-Unis travaillent de concert, en confiance, et s’expriment d’une seule voix.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Quelques mots, pour terminer, sur la récente discussion informelle qui s’est déroulée en septembre à Douchanbé, en marge du Sommet de la CEI, entre le Président Aliev et le Premier ministre Pachinian.

Il s’agit d’une impulsion positive remarquable qui s’inscrit dans le climat ouvert et constructif que nous avons constaté lors des premières rencontres entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays à Bruxelles puis à New-York.

Je dis « remarquable », car comme vont l’exposer dans quelques instant mon collègue Andrew Schofer puis l’ambassadeur Andrzej Kasprzyk, les points d’accord obtenus à cette occasion ont d’ores et déjà trouvé une mise en œuvre concrète qui produit des résultats, qu’il s’agisse de l’établissement de mécanismes de communication opérationnelle, de la volonté de donner une impulsion nouvelle au dialogue ou encore de réduire le niveau de violence sur le terrain.

La France est plus que jamais déterminée à favoriser la poursuite et l’approfondissement de cette impulsion, convaincue que le statut quo actuel n’est pas tenable. Elle demeure entièrement mobilisée vers la recherche d’un règlement permettant la stabilité et la prospérité des populations de la région. Nous sommes attachés à toutes les mesures qui pourraient améliorer la vie des populations concernées et en particulier à l’action du CICR sur place, présence humanitaire essentielle dont le travail devrait être renforcé et ce notamment afin de faciliter les échanges de prisonniers et l’identification des personnes disparues, dans l’intérêt supérieur des familles, toujours à la recherche de leurs proches.

Je vous remercie.

Stéphane VISCONTI

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Version anglaise de la déclaration
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Dernière modification : 08/11/2018

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