Conférence de l’OSCE sur la lutte contre le terrorisme (Interlaken, 28 et 29 avril)

A l’initiative de la présidence suisse de l’OSCE, une conférence sur la lutte contre le terrorisme a été organisée les 28 et 29 avril à Interlaken, en étroite coordination avec l’unité spécialisée du secrétariat général de l’OSCE. Cet événement, inauguré par M. Didier Burkhalter, ministre des affaires étrangères de la Suisse, a rassemblé plus de cent-quatre-vingts participants, représentants les Etats participants et partenaires de l’OSCE ainsi que les principales organisations internationales et régionales (ONU, UE, Conseil de l’Europe, Ligue arabe, Interpol, OTAN…). Les travaux avaient été organisés autour de trois thèmes : financement du terrorisme, sous l’angle spécifique des enlèvements aux fins de rançons ; lutte contre le terrorisme et respect droits de l’Homme et libertés fondamentales ; phénomène dit des « combattants étrangers ».
Les présentations et les très nombreuses interventions des participants ont mis en exergue la nécessité de coopérer à l’échelle internationale pour lutter contre le terrorisme, en s’appuyant notamment sur le droit international et sur les nombreux instruments adoptés par les Nations-Unies. A cet égard, l’adoption de la résolution 2133 le 27 janvier dernier a unanimement été saluée comme une étape majeure pour lutter contre la pratique des enlèvements aux fins de rançon. Les différents instruments dont dispose l’OSCE ont également été plébiscités, notamment pour leur capacité à favoriser la coopération entre les acteurs de la sphère publique (gouvernements, secteurs de la police et de la justice) et ceux de la société civile et du secteur privé.
Mais parallèlement aux efforts de la communauté internationale, la détermination des Etats à prendre, à leur niveau, des mesures appropriées a été considérée comme une autre clé de voute dans la lutte contre le terrorisme.

Dans ce contexte, les mesures prises par la France ont été présentées par les membres de la délégation française qui était composée de représentants du ministère des affaires étrangères, de la justice et de l’intérieur ainsi que du conseiller pour les affaires de sécurité non militaire de la représentation permanente de la France auprès de l’OSCE.
Ils ont, entre autres, informé les participants des principales dispositions prises par le gouvernement français dans le cadre du plan de lutte contre la radicalisation violente et les filières terroristes, présenté en conseil des ministres par le ministre de l’intérieur le 24 avril 2014.
Le plan vise tout d’abord à contrarier les déplacements des terroristes vers ou depuis la Syrie, par le renforcement des contrôles et des décisions de retrait des documents de voyage.
Ensuite, il intensifie la lutte active contre les filières djihadistes, par exemple en renforçant l’action des services de renseignement en matière de détection et de surveillance ou en favorisant les possibilités de détection des filières sur internet.
De plus, il intensifie la coopération internationale avec les autres pays de départ et les pays de transit, en ayant notamment la volonté de donner davantage de visibilité à l’aide humanitaire française et européenne.
Enfin, il prévoit de déployer une série d’actions préventives et des opérations visant à contredire les « prêcheurs de haine » tout en prenant en compte la trajectoire individuelle des personnes et le besoin de soutien de leur famille. Ainsi, un centre national d’écoute et d’orientation sera créé pour les familles.

Dernière modification : 05/05/2014

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