Conférence sur la coopération pour prévenir la traite des êtres humains dans la région de la Méditerranée organisée par l’OSCE le 8 Février 2013 à Rome

La traite des êtres humains a été identifiée comme un des domaines possibles de coopération avec les partenaires méditerranéens. Le processus de dialogue entamé avec les partenaires méditerranéens ne cesse en effet de s’intensifier depuis la décision du Conseil ministériel du 7 Décembre 2011 relative aux partenaires en matière de coopération. Aujourd’hui, les migrants en provenance des pays du Sud de la Méditerranée et du Proche-Orient sont de plus en plus nombreux dans les pays du Nord de la Méditerranée. Les printemps arabes ont en outre accéléré les flux de migrants irréguliers originaires de cette région. En raison de leur situation économiquement très difficile, ces derniers se retrouvent confrontés de plus en plus souvent au phénomène de la traite.

La Conférence de Rome visait ainsi à mieux comprendre comment prévenir l’exploitation des migrants, et s’intéressait tout particulièrement aux moyens de lutter contre la traite des migrants aux fins de travail forcé. Le renforcement de la coopération entre la rive sud et la rive nord de la Méditerranée était au cœur de cette rencontre, qui se donnait notamment pour objectif l’identification des meilleures pratiques en matière de protection des migrants contre la traite.

A plusieurs reprises au cours de la Conférence a été mentionnée la nécessité que la lutte contre la traite soit fondée sur une approche orientée vers les droits de la victime. Le Directeur de l’ODIHR, M. Lenarcic, a notamment insisté sur l’importance, en ces temps de restriction budgétaire, de maintenir des fonds suffisants pour venir en aide aux victimes de la traite. A cet égard a été soulignée l’importance d’indemniser les victimes de traite, en facilitant la confiscation, dans les différents Etats membres, des produits du crime au bénéfice des victimes.

Plusieurs pays du Sud de la Méditerranée, en particulier l’Algérie et la Tunisie ont fait remarquer que leurs pays n’étaient plus seulement des pays d’origine et de transit de la traite des personnes, mais étaient également aujourd’hui des pays de destination. L’intensification de la traite des personnes dans la région du Sinaï a été par ailleurs à plusieurs reprises dénoncée. La carte des flux migratoires en Méditerranée se modifie de plus en plus et implique bien une modification des politiques mises en place en matière de migrations et de lutte contre la traite des personnes.

Un certain nombre d’initiatives qui ont témoigné de leur efficacité pour faciliter la lutte contre la traite ont été présentées successivement par les Etats présents à la Conférence : la signature d’accords avec les agences pour l’emploi recrutant des migrants, la création d’équipes d’urgence pour rechercher les victimes de la traite lors de l’arrivée des cargos d’immigrants, les partenariats avec des organisations telles que l’OIM, la signature d’accords entre les ambassades et les diplomates employant du personnel étranger sur le territoire, entre autres.

L’adjointe du Conseiller régional technique en charge de la lutte contre la traite des êtres humains est intervenue lors de la deuxième table-ronde de la Conférence pour décrire la politique de la France pour protéger les migrants identifiés comme victimes de la traite sur le territoire français, et la stratégie de coopération française pour lutter contre ce fléau. La stratégie de coopération développée depuis 2010 par le Conseiller Technique Régional placé au sein des Représentations permanentes de la France à l’OSCE et aux Nations Unies avec les pays d’Europe du Sud-Est a notamment été présentée comme un modèle à suivre pour construire et renforcer la stratégie de coopération avec les pays de la Méditerranée. JPEG

Photo : M. Enrico Para/Camera dei Deputati

Dernière modification : 18/02/2013

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