Conseil Permanent du 26 mai 2016

Intervention de Mme Roger-Lacan, ambassadrice, représentante permanente de la France auprès de l’OSCE

Monsieur le Président,

Je m’aligne sur la déclaration de l’Union européenne et souhaite ajouter quelques remarques à titre national.

Monsieur le Président,
1. La France attache une importance prioritaire à la prévention de la radicalisation pour lutter efficacement contre le terrorisme. La France s’est ainsi dotée, dès avril 2014, d’un plan de lutte contre les filières terroristes et la radicalisation violente. Dans ce cadre, un Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation a été créé pour aider les proches d’individus radicalisés. Le centre opère en particulier un numéro vert destiné à recueillir des signalements de personnes radicalisées ou en voie de radicalisation.

2. Le Premier ministre a présenté le 9 mai le nouveau plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme, qui renforce significativement le dispositif français.

3. Le plan annonce le doublement d’ici deux ans des capacités de prise en charge des personnes radicalisées ou en voie de radicalisation et de leurs familles.1600 jeunes et 800 familles font aujourd’hui l’objet d’un accompagnement adapté, sur la base du volontariat, par les cellules de suivi des préfectures de leur département de résidence.

- La France s’est donnée pour objectif d’ouvrir dans chaque région, d’ici la fin 2017, un centre de réinsertion et de citoyenneté. Un premier centre sera créé cet été pour prendre en charge des personnes en voie de radicalisation. Des centres accueillant des personnes radicalisées devraient par la suite être créés, mettant en oeuvre un dispositif plus marqué de désengagement des personnes faisant l’objet d’un suivi judiciaire ou socio-éducatif, notamment lorsqu’elles sont de retour de zones de conflit.

- un guide interministériel de prévention de la radicalisation, comprenant 36 fiches pratiques, destiné aux préfets et aux magistrats qui animent les 95 cellules départementales de suivi de la radicalisation, décrivant les moyens de détection et de signalement, les modalités de coordination et d’animation territoriale, ainsi que les différents outils d’accompagnement psychologique, éducatif, social et professionnel.

4. Comme l’a déclaré le Premier Ministre, les rencontres virtuelles et la propagande dématérialisée deviennent des facteurs déclencheurs ou accélérateurs des processus de radicalisation. Le plan d’action français définit ainsi trois axes dans la lutte contre la propagande djihadiste sur internet :
- le développement des mécanismes de régulation de l’internet, en appelant à la responsabilité les acteurs de l’internet ;
- le développement de cyber-patrouilles destinées à détecter, répertorier et entraver les sites ou réseaux ;
- la conception, la diffusion ou le soutien à des actions de contre-discours et de contre-influence, issues d’origine et de canaux diversifiés, tant officiels qu’indépendants.

5. Monsieur le Président, je profite également de la discussion d’aujourd’hui pour annoncer, la venue à Vienne le 14 juin prochain de la productrice française Fabienne Servan-Schreiber, présidente du CINETEVE, et qui a produit la campagne média du Ministère de l’Intérieur français visant à lutter contre la radicalisation et à promouvoir la dé-radicalisation. Sa venue, organisée en accord avec le président du groupe de contact avec les partenaires méditerranéens pour la coopération et le président du comité de sécurité, s’inscrit dans le cadre des travaux de l’OSCE dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la radicalisation et que la France soutient. A cette occasion elle présentera cette campagne vidéo du Ministère de l’Intérieur diffusée sur des médias français et internationaux et sera accompagnée de la mère d’une jeune fille partie en Syrie il y a quatre ans, Mme Valérie de Boisrolin présidente de l’association « Syrie Prévention Famille ». Leurs CVs seront annexés à ma déclaration.

6. J’invite vivement toutes les délégations à assister à cette présentation concrète d’une action possible pour prévenir et lutter contre la radicalisation qui aura lieu à 9h30 le 14 juin dans le cadre du groupe de contact avec les partenaires méditerranéen pour la coopération.

7. Il s’agit pour la France de partager son expérience afin de renforcer la coopération sur un sujet d’importance qui concerne les Etats participants mais aussi les partenaires pour la coopération, et d’encourager ainsi ce genre d’exercice.

8. Il faut que nous soyons nombreux autour de ces deux intervenantes, pour témoigner de notre engagement dans la prévention de la radicalisation, et de notre souhait de nous engager dans des actions concrètes.

Je vous remercie Monsieur le Président et vous serais reconnaissante de bien vouloir verser cette déclaration au journal des débats.

Fabienne SERVAN SCHREIBER
PDG de CINETEVE – Productrice

Après une licence d’histoire à la Sorbonne, Fabienne Servan Schreiber se forme auprès de grandes signatures de l’audiovisuel (Henri de Turenne, Frédéric Rossif, Vincent Malle, Claude Berri). Elle débute sa carrière en tant que réalisatrice, puis fonde CINETEVE en 1983 une société de production audiovisuelle indépendante et en assure la Présidence depuis cette date.

Au fil des années Cinétévé a produit plus de 800 heures de programmes pour la télévision, (fiction, documentaire, animation, opérations spéciales, programmes courts). Et une dizaine de longs métrages (dont Lumière et compagnie, La Fille de Keltoum, Calle 54, Jean de La Fontaine, le défi , Les Ponts de Sarajevo). Cinétévé a construit une image de professionnalisme, d’exigence et de qualité tant sur le marché français que sur les marchés internationaux. Cinétévé investit également activement dans la production de projets nouveaux média grâce à une équipe interne dédiée.

Beaucoup de ses productions ont été primées dans des festivals : entre autres, Jalna (Sept d’Or, 1994), L’attentat (New York festival 1999 – Doc Aviv 1999), Fatou, la Malienne (Fipa d’Or, Sept d’Or, finaliste aux International Emmy Awards 2001, Maîtres et esclaves au Niger (Amsterdam 2003), Rikers High (Tribeca Film Festival 2005), L’Embrasement (Grand prix CB News 2007, Mais qui a tué Maggie (Fipa d’Argent 2009), Les Ponts de Sarajevo (Séance spéciale hors compétition, sélection Un certain regard – Cannes 2014), Les témoins (Fipa de la meilleure actrice 2015), La vie devant elles ( Prix meilleure série Seriemania), Wei or Die (multiples prix ).

Cinétévé essaie le plus souvent dans ses productions de faire progresser la connaissance et de s’inscrire dans le débat d’idées. Récemment en documentaires, « L’urgence de ralentir », « Le procès Tehlirian, la vengeance des arméniens » « Autistes une place parmi les autres », « Charlie le rire en éclats », « Femmes contre Daech ».
Récemment Cinétévé a porté la campagne des clips Anti-Djihad (campagne conçue avec les familles dont les enfants sont partis en Syrie).

Fabienne est vice-présidente de l’Union Syndicale de la Production Audiovisuelle, très investie depuis des années dans la place de la création à la télévision. Par ailleurs elle est engagée à titre personnel dans plusieurs associations : elle est porte-parole de « Ensemble contre la Récidive », Présidente de "Droit Pluriel "et au Conseil d’Administration de Elise care (autrefois Shennong et Avicennes). Elle est une des initiatrices de Be Human- 1000 lives.

Fabienne est Chevalier des Arts et Lettres, Chevalier de la Légion d’honneur et Officier de l’Ordre National du Mérite

CV Mme de Boisrolin
Valérie de Boisrolin a 51 ans. Mariée, mère de deux enfants, elle a travaillé comme cadre administratif dans une structure de centre de loisirs. Depuis le départ de sa fille en Syrie, elle a travaillé sur la prévention et l’aide au dialogue avec les parents.

Auteur du livre « l’Embrigadée », paru aux presses de la Cité, Madame de Boisrolin raconte dans ce livre le départ de sa fille de 16 ans pour la Syrie et en recompose les différentes étapes.

Dès octobre 2014, elle a accompagné des familles de la région parisienne aux côtés de l’association « Syrien ne bouge ... » basée à Toulouse.

Avec d’autres mères d’enfants partis en Syrie, elle crée une Association nationale « Syrie Prévention Famille », qu’elle préside, et dont l’objectif est d’empêcher les jeunes de partir en Syrie en s’efforçant de les ramener à la réalité.

A terme, Mme de Boisrolin et les autres mamans de l’Association souhaitent ouvrir plusieurs antennes de cette association en France.

Dernière modification : 13/06/2016

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