Conseil permanent du 27 avril 2017

Commentaire de la délégation française en réponse à l’intervention de la Russie relative à la déclaration des Ministres affaires étrangères de la CEI sur l’inadmissibilité de l’intolérance et de la discrimination à l’encontre des chrétiens, des musulmans et des membres d’autres religions

Monsieur le Président,

En complément de ce qui vient d’être dit dans l’intervention de la délégation de l’UE sur laquelle je m’aligne, permettez-moi de présenter les quelques commentaires suivants sur instruction de mes autorités.

Ma délégation voudrait tout d’abord remercier la délégation russe pour les informations fournies sur les développements intervenus entre les gouvernements des Etats membres de la CEI.

La position de la France, qui s’inscrit dans celle défendue par l’UE, est bien connue et il n’est pas utile d’y revenir en détails.

La France est particulièrement engagée dans la lutte contre l’intolérance et les discriminations, y compris religieuses, incluant contre les chrétiens et les musulmans. Mais elle ne saurait souscrire à un cloisonnement des engagements OSCE en fonction des religions, surtout au moment même où la communauté internationale a plus que jamais besoin d’invoquer les valeurs communes de l’humanité et d’apaiser les tensions entre croyants ainsi qu’entre croyants et non-croyants.

La France met également l’accent sur le fait que, quelle que soit la spécificité des formes d’intolérance, la réponse aux crimes de haine et à l’intolérance doit être la même pour tous les crimes de haine et actes d’intolérance, sans hiérarchie, et se fonder sur la protection des droits de l’Homme, qui sont inhérents à tout être humain, quels que soient sa religion ou ses convictions, en application des grands textes internationaux.

Ainsi que la très justement rappelé l’ambassadeur de Suisse, aucun « mandat » n’a été formulé lors du Conseil ministériel de Bâle, mais un simple « encouragement » à traiter de l’intolérance religieuse de façon générale, en y incluant celle à l’endroit des chrétiens et des musulmans.

Comme l’a rappelé lui-même le représentant de la Russie, l’action des trois représentants personnels de la présidence contre l’intolérance et les discriminations plus particulièrement intéressés par chacune des trois grandes religions monothéistes ne repose d’ailleurs elle non plus sur aucun mandat. Il y a peut-être là un sujet à examiner en priorité.

Enfin, permettez-moi de rappeler que la France regrette qu’il n’ait pas été possible d’adopter, lors du Conseil ministériel de Hambourg, le projet de texte sur les crimes de haine qui aurait pourtant permis de de répondre aux préoccupations exprimées par plusieurs Etats participants qui viennent de s’exprimer aujourd’hui.

Je vous remercie de votre attention./.

Dernière modification : 02/05/2017

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