Cybersécurité - Intervention de l’Ambassadrice Roger-Lacan au FSC

Forum pour la coopération en matière de sécurité du 22 mars 2017

Intervention de Mme Roger-Lacan, ambassadrice, représentante permanente de la France auprès de l’OSCE

Je remercie les présidences autrichienne et roumaine d’avoir mis le sujet des enjeux de cyber défense au centre de cette réunion conjointe du Forum pour la coopération en matière de sécurité et du Conseil permanent.

Les orientations stratégiques prises ces dernières années au plus haut niveau de l’Etat français ont consacré la cybersécurité comme l’une des priorités de l’action gouvernementale.

Dès 2011, dans le cadre du renforcement des capacités de cyberdéfense au ministère de la Défense, un poste d’Officier général chargé de la cyberdéfense a été créé, il coordonne l’action du ministère dans ce domaine et sert d’interface principale en cas de crise cyber. Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013 a défini des ambitions et la loi de programmation militaire prévue des moyens. Au sein du ministère de la Défense, un « Pacte Défense Cyber 2014-2019 » a été conclu. Ce plan stratégique comprenait six grands axes et 50 mesures en matière de réorganisation, de financement, de recrutement et est aujourd’hui en cours d’achèvement.

La Loi de Programmation militaire prévoit de multiplier par trois les crédits alloués, avec près de 440 millions d’euros engagés pour le développement et l’acquisition de nouvelles solutions de cybersécurité sur la période 2014-2019. De même, 550 personnes seront recrutées sur cette période. Un commandement des opérations cyber a également été créé. Il est placé sous la responsabilité directe du chef d’état-major des armées et assiste le ministre de la défense en matière de cyberdéfense.

Monsieur le Président,

La cyberdéfense est au centre d’un enjeu énorme pour notre sécurité et notre être ensemble.

Les menaces dans le cyberespace sont le fait d’une diversité inédite d’acteurs (cybercriminels, hacktivistes, Etats, groupes terroristes, cyberattaquants utilisant des rançongiciels, etc.) entre lesquels les frontières sont poreuses. Ces menaces sont en outre extrêmement variées.

Il semble aujourd’hui indispensable de développer une doctrine et une stratégie cyber de défense, et d’intégrer l’ensemble des volets cyber dans notre pensée militaire. Trois missions ont été définies par le ministre de la Défense : la première est la phase de renseignement, la seconde est la protection et la défense et la troisième est la lutte informatique offensive : riposte et neutralisation.

Dans le domaine cyber, la phase de renseignement a notamment pour objectifs de contribuer à identifier nos failles ou nos vulnérabilités potentielles ; de détecter des actions hostiles dans le cyber-espace, de les caractériser et éventuellement d’en trouver la source ; de mener les investigations nécessaires pour attribuer une attaque, la caractériser, en déterminer les effets, et en découvrir les motivations.

La deuxième mission de la fonction cyberdéfense est la posture de protection/défense qui intègre l’ensemble des mesures prises pour réduire les risques qui peuvent concerner nos systèmes.

Le troisième et dernier pilier est celui de la lutte informatique offensive, qui doit permettre d’agir ou de répliquer contre un ennemi cherchant à nuire à nos intérêts de sécurité et de défense.

Un exercice majeur de cyberdéfense a actuellement lieu en France, du 20 au 31 mars, pour tester le nouveau "commandement cyber". Répartis sur 11 sites en France, 155 militaires et 240 étudiants vont tenter de répondre à des simulations d’attaques. Cet exercice est également l’occasion du premier déploiement des réservistes de la cyberdéfense.

Cette réserve de cyberdéfense, susceptible d’intervenir pour renforcer les capacités des armées en cas de grave crise numérique en mobilisant des professionnels ou des étudiants préalablement recrutés, comptera, à terme, 4.400 réservistes opérationnels et citoyens.

Je vous remercie.

Dernière modification : 23/03/2017

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