Déclaration du Président de la République avec Charles Michel, Président du Conseil Européen

Déclaration conjointe d’Emmanuel Macron et Charles Michel
10 décembre 2019 - Seul le prononcé fait foi

Bonjour Mesdames, Messieurs.

Je suis heureux d’accueillir à Paris à nouveau le Président du Conseil européen Charles MICHEL, cher Charles, et je suis heureux de le faire cette fois-ci totalement officiellement, après ses nouvelles prises de fonction.

Cela fait un peu plus de 2 ans, 2 ans et demi même que nous travaillons ensemble dans votre qualité d’abord de Premier ministre de Belgique pour faire avancer une Europe plus souveraine, plus unie, avec beaucoup de vues convergentes sur des grands projets d’avenir, la politique commerciale, industrielle, la réforme de la zone euro, la politique d’asile et d’immigration, la lutte contre le changement climatique. Vous avez, si je puis dire, perdu cette qualité de Premier ministre pour en occuper une nouvelle, depuis le 1er décembre, qui est celle de présider le Conseil européen, et qui se réunira cette semaine pour la première fois sous votre égide. Je veux saluer à cette occasion le travail durant les 5 années passées de Donald TUSK, qui a su préserver l’unité de l’Europe dans une succession de crises et de moments difficiles au cours de ces 5 années.

Et donc ce Conseil sera le premier présidé par Charles MICHEL et le déjeuner de travail que nous allons avoir sera ainsi l’occasion de poursuivre et de cheminer sur beaucoup de sujets, une vision commune et beaucoup de dossiers importants. Je crois et nous en discuterons, que nous avons besoin de débats plus politiques au sein du Conseil européen, de discuter aussi de long terme. Je sais que c’est votre volonté de pouvoir ainsi discuter, comme nous l’avons fait au mois de mars dernier, de notre relation avec la Chine, parler aussi notre relation avec l’Afrique et la Russie, parler d’avenir et de stratégie, beaucoup plus que nous ne l’avons fait jusqu’alors.

Dans quelques instants, nous reviendrons sur plusieurs des enjeux de ce Conseil européen.

Nous évoquerons évidemment la Conférence pour l’avenir de l’Europe. Il s’agit de prendre le temps de débattre au-delà du travail quotidien de nos institutions, sur le fond de nos politiques et de débattre de la manière la plus ouverte possible, sans tabou. Et pour ma part, il n’y en a pas, quel qu’il soit.

Nous discuterons évidemment du climat qui sera sans doute le sujet principal de ce sommet. Et je crois pouvoir dire, monsieur le Président, que nous souhaitons ensemble que le Conseil européen fixe à l’Union européenne l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Nous ne pouvons pas nous permettre de repousser une nouvelle fois cette décision alors que la COP 25 se tient en ce moment même en Europe. Mais nous devons aussi tenir compte du besoin de financement de la transition dans les pays ou régions qui doivent fournir le plus d’efforts et qui ont besoin de la solidarité européenne. Ce sera tout le défi de ce Conseil et du juste équilibre à trouver.

Nous discuterons aussi du budget européen. L’objectif n’est pas de conclure lors de ce Conseil. Je ne crois pas, je l’ai déjà dit pour ma part, dans l’opposition entre des politiques historiques et des politiques nouvelles. Je crois aux politiques de souveraineté et de solidarité, l’accompagnement des agriculteurs face aux multiples enjeux auxquels ils sont confrontés, les priorités que sont la défense, l’espace, le budget de la zone euro qui participe aussi de notre souveraineté, la nécessité aussi d’un financement rénové, avec l’introduction de nouvelles ressources propres, de conditionnalités nouvelles pour ce budget. Et donc, ce sera une discussion stratégique, mais qui nous permettra d’avancer dans cette direction.

Sur la zone euro, nous ferons le point sur les progrès réalisés ces derniers mois et je souhaite pour ma part davantage d’ambition, que ce soit pour le budget de la zone euro ou l’approfondissement de l’union bancaire. Je sais aussi combien vous y êtes attaché. Je souhaite que nous évoquions également les besoins d’investissement de la zone euro, notamment en matière de transition écologique, car nous ne pouvons affronter le monde d’aujourd’hui avec les règles et les outils d’hier.

Enfin, le Brexit sera d’actualité, pour faire un point sur la situation au lendemain des élections du 12 décembre au Royaume-Uni. Il faudra que nous puissions avancer rapidement après celle-ci. Dans tous les cas, je crois qu’il sera très important de préserver la méthode qui a fonctionné jusqu’à présent, c’est-à-dire l’unité, l’unité des 27, conduite unique des négociations par Michel BARNIER, rigueur dans la défense de nos intérêts sans céder à la pression et en respectant, avec le Royaume-Uni, des conditions de concurrence équitables.

Sur tous ces sujets, je me réjouis, monsieur le Président, cher Charles, d’œuvrer à vos côtés dans cette configuration nouvelle, mais avec la même amitié et la même volonté d’embrasser notre avenir commun.

Dernière modification : 11/12/2019

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