Discours d’Harlem Désir à l’occasion des 26 ans de l’unification allemande

Madame la Ministre Von der Leyen,

Monsieur le Ministre Toscani,

Monsieur le Président,

Monsieur l’Ambassadeur, Cher Nikolaus Meyer-Landrut,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d’être parmi vous ce soir pour célébrer ici à Paris la fête de l’unité allemande et je tiens à remercier la Ministre fédérale Von der Leyen d’avoir choisi Paris pour cette occasion.

Ce que nous célébrons avec vous aujourd’hui, c’est un événement extraordinaire, la réunification de l’Allemagne, en 1990, moins d’un an après la chute du Mur de Berlin.

Un peuple qui avait été séparé par l’arbitraire, par la force, par le jeu des puissances, se réunifiait par la force et la puissance de l’aspiration à la liberté, à la démocratie, à la paix.

En abattant le mur, le peuple allemand levait, au-delà de ses seules frontières, le rideau de fer et c’est toute l’Europe de l’Est qui pouvait se libérer et l’Europe se réunifier.

Ce sont les valeurs de la République Fédérale et celles de l’Europe que nous avons bâtie ensemble qui l’emportaient.

C’est aussi pourquoi aujourd’hui nous ne pouvons les laisser mettre en cause. Car ce sont ces valeurs, celles qui fondent l’unité et la paix sur le continent, qui ont amené la réunification. Elles sont plus que jamais d’actualité.

Les liens d’amitié qui unissent nos deux pays sont sans équivalent dans le monde : au niveau politique, économique, humain. Vous y contribuez remarquablement Monsieur l’Ambassadeur et je vous remercie pour votre écoute et votre engagement à nos côtés, pour faire vivre et renforcer davantage encore l’amitié franco-allemande. Pour votre attention au-delà des seules relations diplomatiques et institutionnelles aux relations entre les sociétés. Et c’est ainsi qu’avec vous nous avons pu lancer de belles initiatives comme la plateforme des think tanks français et allemands qui se réunira pour la deuxième fois à la fin du mois d’octobre à Genshagen.

Nos deux pays ont parcouru un chemin exceptionnel qui constitue aujourd’hui un exemple et un espoir pour toutes les régions du monde où des voisins se déchirent.

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C’est bien ce message que nous portons, l’Allemagne et la France, en nous rendant ensemble comme nos ministres des Affaires étrangères l’ont fait dans des pays d’Afrique, d’Europe, ou des Balkans, ce fut le cas, lors de notre visite conjointe avec Michael Roth, mon homologue, en Bosnie ou au Kosovo. Et nous avons soutenu ensemble, la France et l’Allemagne, la création par les six pays des Balkans au mois de juillet, à Paris, d’un office des Balkans pour la jeunesse inspiré directement de l’Office franco-allemand pour la jeunesse.

Dans une période où les tensions entre nations sont vives, y compris les plus grandes, où des conflits meurtriers et barbares font rage, où des dirigeants bombardent leur peuple, où des frontières sont remises en cause unilatéralement, notre réconciliation est un symbole de paix qui garde toute sa force.

Vous avez, Madame la Ministre, posé à plusieurs reprises un diagnostic lucide sur cet état du monde et sur nos responsabilités collectives. Cette situation nous oblige. En ces temps de désordre international, en ces « temps de guerre », alors que nous sommes confrontés à la menace terroriste, nous la France et l’Allemagne, avons une responsabilité particulière. Et nous devons, avec la communauté internationale, y faire face, que ce soit en Syrie, en Irak, en Libye, en Méditerranée ou au Sahel. Il nous faut agir inlassablement, par la voie diplomatique, par la voie humanitaire, mais aussi par l’action militaire quand cela est nécessaire, pour la sécurité, pour la paix, pour façonner un monde plus sûr, fondé sur la force du droit et non sur le droit du plus fort. Pour protéger l’Europe.

Car notre première responsabilité, elle est d’abord en Europe. Elle est de ne pas laisser se défaire le projet européen porté par nos deux pays. C’est notre plus belle réalisation commune devant l’histoire, et face aux forces qui voudraient la défaire c’est à nous en particulier qu’il revient de ressouder et de relancer l’Europe.

Merci Madame la Ministre d’être aujourd’hui, avec votre homologue Jean-Yves Le Drian, un des acteurs de cette relance européenne. Sur l’un des sujets les plus difficiles mais les plus nécessaires, celui d’une Europe qui assume mieux son rôle en matière de sécurité et de défense. Et dans un moment où les citoyens européens veulent savoir si l’Europe les protège, votre contribution est essentielle. C’est celle que vous avez apportée à la préparation du Sommet de Bratislava et à la feuille de route pour la relance du projet européen.

Renforcer, améliorer, faire inlassablement progresser la construction européenne, avec la vision forte de l’unité du continent et du rôle moteur du couple franco-allemand, c’est ce qu’ont fait les dirigeants français et allemand à chaque étape décisive de l’histoire européenne.

Le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer, et ce fut le Traité de l’Elysée et l’unité franco-allemande sans laquelle rien n’aurait été possible ni solide en Europe. Le Président Giscard d’Estaing dont je salue la présence et le Chancelier Schmidt avec la création du Conseil européen et du système monétaire européen. François Mitterrand et Helmut Kohl avec le Traité de Maastricht et l’euro.

La coopération étroite entre nos deux pays dans la préparation du sommet de Bratislava, le 16 septembre dernier, a montré la conscience qu’ont la Chancelière Merkel et le Président Hollande de leur responsabilité, alors que se joue l’avenir du projet européen.

Aujourd’hui encore, face au terrorisme, à la crise des réfugiés, à la crise grecque, c’est l’unité entre la France et l’Allemagne qui est décisive. Pour donner une nouvelle impulsion à 27 et dans la zone euro car il nous faut compléter la maison commune et convaincre les Européens qu’avec l’Europe, ils peuvent mieux contrôler leur destin, protéger leur économie, consolider leur modèle social, assurer leur sécurité.

Face à ces défis, les valeurs de la réunification doivent continuer à nous inspirer. Elles doivent nous inspirer face à la montée des populismes, des nationalismes, des extrémismes.

Et nous voulons vous dire notre très grande solidarité avec la Chancelière Angela Merkel qui a affronté avec courage et fermeté les populistes haineux à Dresde.

Lors de son message à l’occasion de la journée de l’unité allemande, le Président Joachim Gauck a déclaré : « l’Allemagne est aujourd’hui de nouveau contrainte d’œuvrer pour son unité ». Cette phrase courageuse et forte, au-delà de l’Allemagne, c’est à toute l’Europe qu’elle s’applique. La France et l’Allemagne se doivent aujourd’hui encore d’œuvrer ensemble, inlassablement, pour l’unité de l’Europe.

En cette journée de l’unité, c’est ce message d’engagement, de persévérance et d’espérance que nous voulons célébrer avec vous.

Vive l’amitié franco-allemande

Je vous remercie.

Dernière modification : 07/10/2016

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