Intervention de l’Ambassadrice au Conseil permanent extraordinaire du 17 novembre 2015

La France a été victime vendredi à Saint-Denis et à Paris, d’une agression lâche, d’une barbarie totale et d’une ampleur inédite. Les 15, 16 et 17 novembre sont jours de deuil national et les drapeaux sont en berne sur l’ensemble de nos emprises à travers le monde. Avec la communauté nationale, nous rendons hommage aux victimes et partageons la douleur, la détresse de leurs familles et de leurs proches. Hier a eu lieu une minute de silence.

Je remercie l’ensemble de nos partenaires qui ont exprimé leur soutien et leur solidarité dans ces moments atroces. Je vous remercie tous amis et collègues ambassadeurs à l’OSCE pour les messages de sympathie et de solidarité que vous nous avez adressés tout au long du week-end, dans la nuit de vendredi à samedi, et aujourd’hui encore. Je remercie en particulier la présidence serbe de l’OSCE qui, avec le secrétaire général de l’OSCE, a publié dans la nuit de vendredi à samedi un communiqué de soutien. Je remercie aussi vivement la présidence serbe d’avoir convoqué ce Conseil Permanent spécial sur ces attaques à Paris et d’avoir négocié la déclaration du Conseil Permanent sur les attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris.

Comme l’a rappelé le Président de la République le 16 novembre devant le Parlement réuni en Congrès, « Vendredi, c’est la France tout entière qui était la cible des terroristes. La France qui aime la vie, la culture, le sport, la fête. La France sans distinction de couleur, d’origine, de parcours, de religion. La France que les assassins voulaient tuer, c’était la jeunesse dans toute sa diversité (…). Ce qui a été visé par les terroristes, c’était la France ouverte au monde. »

Face à l’ignominie des terroristes et à leur menace, nous sommes rassemblés, déterminés et mobilisés.

Nos actions de lutte contre le terrorisme se poursuivront tout comme nous continuerons plus que jamais notre combat pour le respect de nos valeurs républicaines et les droits de l’homme, ces mêmes valeurs que les terroristes veulent éradiquer. Dans ce combat, les plus hautes autorités françaises continueront à lutter contre tous les amalgames. La France n’est pas en guerre contre une religion. La France n’est pas en guerre contre l’islam et les Musulmans. Ainsi que l’a répété le Premier Ministre, la France protègera, comme elle l’a toujours fait, tous ses concitoyens, ceux qui croient comme ceux qui ne croient pas.

La France refuse également tous les amalgames dans le contexte de la crise migratoire. L’aide humanitaire française a été mobilisée pour répondre aux conséquences humaines dramatiques des conflits en Syrie et en Irak. La France s’est également engagée dans l’accueil de ceux qui fuient les violences et les persécutions. S’il y a eu des failles dans le contrôle migratoire que des terroristes ont utilisés, ce sont contre ces failles qu’il faut lutter et non contre les réfugiés. Ceux-ci ne sauraient être à nouveau victimes des terroristes et du fondamentalisme en étant englobés dans un amalgame simplificateur qui mènerait à des actes de violence et d’intolérance à leur encontre.

Dans le contexte de l’OSCE, et notre Ministre des affaires européennes aura l’occasion de le rappeler lors du prochain conseil ministériel à Belgrade, nous avons aussi notre responsabilité à jouer pour renforcer les coopérations judiciaires et policières dans la lutte contre les filières criminelles, qu’il s’agisse des trafics d’armes, de l’immigration clandestine ou des réseaux terroristes, mais aussi pour apaiser les tensions entre les communautés. Dans un contexte de tensions accrues, le rappel de nos valeurs communes constitue le meilleur rempart contre l’engrenage de la haine. Ma délégation ne saurait souscrire à des textes qui pourraient être interprétés comme remettant en cause les valeurs fondamentales de notre république, la liberté de conscience, de religion ou de conviction, la laïcité, la dignité de chaque être humain, l’universalité des droits de l’homme.

Monsieur le Président, je vous remercie d’annexer cette déclaration au journal des débats.

Je vous remercie.

PDF - 151.1 ko
La déclaration en version PDF

Dernière modification : 19/11/2015

Haut de page