Intervention de la France sur l’Ukraine

Intervention de Monsieur Frédéric Mondoloni, Directeur Europe Continentale

Réunion annuelle de l’OSCE sur les questions de sécurité (ASRC), Vienne, le 23 juin 2020

Je tiens à souligner tout d’abord notre coordination très étroite avec l’Allemagne. Je souhaite saluer le travail remarquable de l’OSCE pour un règlement du conflit à l’Est de l’Ukraine, en particulier les efforts remarquables de l’Ambassadrice H. Grau depuis sa prise de fonction, sa détermination et son engagement, ainsi que le travail très compliqué de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine.

Comme l’a souligné Michael, la mise en œuvre des mesures immédiates agréées lors du sommet de Paris reste insatisfaisante. Dans le domaine humanitaire, deux échanges de prisonniers liés au conflit sont intervenus le 29 décembre et le 16 avril, alors que le dernier échange de ce type remontait à décembre 2017. Il s’agit là d’un progrès significatif, et un dialogue constructif se poursuit sur ce sujet. Dans ce contexte, la France et l’Allemagne espèrent que de nouveaux échanges pourront aboutir prochainement, afin de parvenir à l’échange de tous les prisonniers restants.

Ceci dit, la mise en œuvre des autres mesures humanitaires reste très en deçà de nos attentes. La France et l’Allemagne ont à plusieurs reprises, et notamment lors du Sommet de Paris et de la visioconférence des ministres des Affaires étrangères du format Normandie le 30 avril dernier, rappelé la nécessité de parvenir rapidement à l’ouverture de nouveaux points de passage et de progresser sur le déminage.

Notre principale préoccupation demeure la capacité des organisations internationales et humanitaires à pouvoir opérer aussi efficacement que possible dans le contexte sanitaire actuel. Je suis d’ailleurs très sensible à ce qui vient d’être dit par le CICR. L’Ukraine n’est pas épargnée par l’épidémie de COVID. Mais celle-ci ne justifie pas toutes les restrictions imposées tant à la MSOU qu’aux organisations humanitaires.

Alors que près de 3,5 millions d’Ukrainiens ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence, il est inacceptable que les populations du Donbass se voient refuser la possibilité d’avoir pleinement accès à cette aide. La France et l’Allemagne ne ménagent pas leurs efforts pour rappeler les responsabilités des parties afin que cessent ces restrictions disproportionnées. Cela reste une priorité.

S’agissant du volet politique, l’Ukraine a montré son attachement à la mise en œuvre des dispositions des accords de Minsk en prolongeant, dès le 12 décembre, la loi sur les dispositions particulières d’auto-administration locale, comme elle si était engagée lors du sommet de Paris. Elle a par ailleurs, au cours des dernières semaines, clairement manifesté sa volonté de faire avancer les discussions au Groupe de contact trilatéral sur ces questions. C’est pour nous un point fondamental. Nous n’avons cessé de nous coordonner en format Normandie, avec nos partenaires ukrainiens. Nous espérons qu’un échange constructif sera possible sur les propositions soumises par les parties dans ce format.

Nous souhaitons aussi que puisse s’engager une discussion de fond sur les conditions politiques et sécuritaires en vue de l’organisation des élections locales, comme les chefs d’Etat et de gouvernement du format Normandie en étaient convenus à Paris. Nous ne devons pas perdre de vue la nécessité de penser les modalités de la transition politique et de restauration de la souveraineté de l’Ukraine sur l’ensemble de son territoire. L’OSCE y a d’ailleurs un rôle à jouer, en particulier le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’Homme.

Dernière modification : 25/06/2020

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