8ème lettre sur la lutte contre la traite des êtres humains

Éditorial de l’ambassadrice, représentante permanente de la France auprès de l’OSCE,
Mme Véronique Roger-Lacan

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Certaines divergences existent encore entre les 57 Etats participants de l’OSCE pour prévenir et lutter contre la traite des êtres humains. Pour autant, l’OSCE agit contre ce fléau qui constitue une menace à la sécurité de la zone, sur la base d’un premier plan d’action datant de 2003, complété notamment en 2013 et qui inclut :

- les aspects sécuritaires de la lutte contre les trafics et leurs auteurs (coopération policière et judiciaire, formation et échanges d’informations) ;

- les aspects économiques liés aux flux financiers générés par ces trafics et leurs conséquences, corruption, financement de la criminalité organisée, blanchiment d’argent, terrorisme, trafics en tous genre ;

- les droits humains, tant dans l’identification des victimes, que dans la reconnaissance de leurs droits fondamentaux.

Au sein de cette politique globale de l’OSCE, la France cherche à engager les 56 autres Etats participants à l’OSCE pour contrer cette forme de criminalité, et soutient activement le bureau de la représentante spéciale et coordinatrice pour la lutte contre la traite des êtres humains, l’ambassadrice kazakhstanaise Mme Madina Jarbussynova.

Ce soutien consiste en un financement :

1 : du projet de mise en situation développé par Mme Jarbussynova à Vicence (lettre d’info. n°7),

2 : du bureau des affaires stratégiques de police en coopération avec Interpol en Ukraine.

Le soutien de la France s’adresse aussi aux missions de terrain de l’OSCE, acteurs de proximité de cette organisation qui permettent d’apporter une réponse concrète face à la traite. Au Monténégro, la France a financé intégralement une action de prévention des mariages forcés. Elle cofinance en Serbie un projet régional qui implique la Hongrie et l’ancienne république yougoslave de Macédoine pour renforcer l’efficacité opérationnelle de la lutte contre les trafiquants d’êtres humains.

La France est ainsi l’un des acteurs principaux de soutien et d’orientation de la politique de l’OSCE pour prendre en compte l’ensemble des aspects de la prévention et de la lutte contre la traite des êtres humains.

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Nous souhaitons dans ce contexte mettre l’accent sur la lutte contre l’impunité des trafiquants de migrants, dont les bénéfices annuels s’élèvent à 6 milliards de dollars par an, alors que les contribuables des Etats participants à l’OSCE supportent le poids des migrations et de leurs coûts, et engager l’OSCE à utiliser pleinement la convention de Palerme sur la lutte contre le crime organisé, et ses deux protocoles sur la lutte contre la traite des êtres humains et sur la lutte contre le trafic de migrants.

Téléchargez la lettre d’information TEH n°8 (janvier 2018) au format PDF

Dernière modification : 24/01/2018

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