Maîtrise des armements conventionnels : Intervention de la France

Réunion de révision annuelle sur la sécurité, Vienne, 27 juin

Intervention de l’Ambassadrice Véronique Roger-Lacan, Représentante permanente de la France auprès de l’OSCE.

Permettez-moi, en complément de la déclaration de l’Union européenne, de faire à titre national quelques remarques additionnelles.

Cette session de la conférence de révision annuelle sur la sécurité nous invite à réfléchir aux défis auxquels nous sommes confrontés au sein de la première dimension politico-militaire de l’OSCE. Comme vous le savez tous, ceux-ci sont nombreux et complexes.

Nous constatons année après année l’érosion des régimes existants de maîtrise des armements, qui jouent pourtant un rôle majeur dans la sécurité de l’espace euro-atlantique. La France déplore cette situation, qui progresse au détriment de notre sécurité collective. Nous regrettons l’obsolescence des dispositions du Document de Vienne 2011, ainsi que les difficultés qui paralysent actuellement la mise en œuvre du Traité Ciel Ouvert.

Nous demeurons en effet convaincus de l’utilité de ces instruments, qui ont été conçus afin de renforcer la transparence et la prévisibilité stratégique au sein de la zone OSCE. Dans le contexte sécuritaire actuel, la résignation ne peut être une solution. Nous estimons au contraire qu’il est urgent de travailler à la réduction des risques militaires et au renforcement de la confiance entre les Etats participants. Si les défis sont effectivement nombreux, il est de notre responsabilité collective de les surmonter afin de garantir la paix et la stabilité. Nous appelons tous les Etats participants à se mobiliser pour éviter la création d’un vide sécuritaire, qui serait dommageable à tous sur le continent.

C’est pourquoi la France appelle de ses vœux la pérennisation d’un régime de maîtrise des armements pleinement efficace. Nous en sommes tous conscients : les réalités militaires ont considérablement changé et les instruments existants ne prennent pas en compte ces bouleversements technologiques et doctrinaires. Il est ainsi essentiel d’une part de mettre en œuvre les mesures existantes, et d’autre part d’adapter les outils de maîtrise des armements aux évolutions rencontrées par nos armées modernes.

La mise à jour du document de Vienne sur les mesures de confiance et de sécurité doit donc demeurer parmi les priorités du FCS. La France a contribué aux efforts entrepris dans ce sens, en proposant d’abaisser les seuils de notification pour les exercices, proposition actuellement soutenue par 45 co-parrainages .Nous saluons l’initiative de la présidence slovaque du FCS, poursuivie par la présidence slovène, de redynamiser les discussions dans le groupe de travail A, qui ont permis de vraies discussions de fonds sur les propositions de modernisation du Document de Vienne. Nous encourageons les prochaines présidences à poursuivre cette pratique. Nous soutenons également les travaux du Forum sur d’autres thèmes qui méritent toute notre attention, à savoir les discussions sur les armes légères et de petit calibre ainsi que la mise en œuvre des résolutions 1540 et 1325 dans la zone OSCE.

Permettez-moi de terminer, Monsieur le président, sur un sujet fondamental qui est celui de la lutte contre la dissémination et le trafic des ALPC. L’OSCE a montré son efficacité dans ce domaine, où des progrès significatifs ont pu être réalisés dernièrement. Je pense notamment à l’adoption du guide des bonnes pratiques en matière de neutralisation des ALPC. L’ensemble des contributions de notre organisation dans ce domaine seront présentées lors de la 3ème Conférence du Programme d’Action des Nations-Unies, qui se tient actuellement à New York.

Je vous remercie.

Dernière modification : 02/07/2018

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