Réponse de la France à la Russie sur la liberté des media – 22 novembre 2018

Intervention de Mme Véronique Roger-Lacan, Ambassadrice, Représentante permanente de la France auprès de l’OSCE au conseil permanent du 22 novembre 2018

M. le Président, je souhaite exercer le droit de réponse de ma délégation à certains propos tenus une nouvelle fois par le représentant permanent de la Russie à l’encontre de la France en lui rappelant à mon tour un certain nombre de points déjà faits par cette délégation.

Nous rejetons vigoureusement cette nouvelle accusation faisant état de l’existence de pressions ou de discriminations à l’encontre des médias russes dans notre pays. Notre attachement au pluralisme des opinions comme pilier de la liberté de la presse ne saurait être mis en doute.

Le comportement en organes d’influence des deux agences russes a été pointé par nos plus hautes autorités depuis leurs activités durant la campagne pour les élections présidentielles de 2017. Les spéculations de l’ambassadeur russe sur la possible accréditation prochaine de ces deux agences ne changent rien à cette réalité.

La suggestion de risques pour la sécurité des membres de ces agences en France est une insinuation grave et inacceptable. Elle est aussi sans aucun fondement.

Au-delà du comportement des deux agences russes, le sujet est aussi et surtout, en l’occurrence, celui du nombre impressionnant de journalistes assassinés en Russie sans que la lumière soit toujours faite sur ces crimes, loin de là.

Je voudrais rappeler que les principes invoqués par la Russie, classée par Reporters sans Frontières 148ème sur 180 pays en matière de liberté de la presse, restent à appliquer en Russie même. Nous n’avons pas de leçons à recevoir de sa part en la matière.

M. le Président, je voudrais également corriger une autre allégation trompeuse de mon collègue russe. La Journalism Trust Initiative (JTI) a été lancée par Reporters sans frontières, l’Agence France-Presse, l’Union européenne de radio-télévision et le Global Editors Network. Il ne s’agit donc pas d’une initiative de Reporters sans frontières et de la France comme l’a prétendu la Russie.

Je profite enfin de cette intervention pour remercier le Représentant pour la liberté des médias pour l’analyse juridique commandée à une experte indépendante au sujet de la loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information adoptée le 20 novembre. Cette loi, qui s’appliquera pendant une période de trois mois avant des élections, nous permet d’apporter des réponses face aux stratégies d’influence développées à dessein par des Etats tiers./.

Dernière modification : 22/11/2018

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