Réunion informelle à haut niveau de l’OSCE Helsinki, 10 juillet 2015

Réunion informelle à haut niveau de l’OSCE
Helsinki, 10 juillet 2015
Déclaration de la France

Monsieur le Président, chers collègues,

1. Je voudrais remercier la présidence serbe et la Finlande d’avoir organisé cette réunion commémorative, qui n’est pas seulement commémorative. L’Acte d’Helsinki fut à son époque synonyme de paix, de détente, de dialogue entre l’est et l’ouest. Il fut aussi une lumière d’espoir, une lueur au bout du tunnel, pour tous ceux qui étaient victimes de l’oppression à l’est de l’Europe. Quarante ans après, la situation générale s’est beaucoup améliorée, mais nous sommes loin des espoirs qu’avait fait naître la fin de la guerre froide : des conflits se sont multipliés sur notre continent et plusieurs ne sont pas résolus ; de nouvelles menaces, de nouvelles formes de confrontation et d’escalade militaire se sont développées ; les droits de l’homme et la démocratie sont loin d’être enracinés parmi tous les Etats participants de l’OSCE. Les principes d’Helsinki, qui ont été plusieurs fois, et parfois gravement bafoués, gardent plus que jamais leur actualité et leur pertinence : je pense au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats, au non recours à la force, au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

2. Comme l’a dit le ministre allemand des affaires étrangères, M. Steinmeier, venu présenter la semaine dernière à Vienne le programme de la présidence allemande de l’OSCE pour 2016, la confiance est rapide à détruire et très lente à reconstruire. Aujourd’hui, notre priorité commune doit être au règlement de la crise en Ukraine. Mon pays s’est beaucoup investi avec l’Allemagne pour lancer un processus de dialogue et de négociation dans le cadre du « format Normandie », démarré il y a un peu plus d’un an. Grâce au Paquet de mesures signé le 12 février à Minsk, la violence a baissé, des discussions ont commencé dans le cadre de plusieurs groupes de travail, mais les progrès sont encore trop lents. L’objectif doit être la mise en œuvre intégrale des accords et du Paquet de Minsk. Les mesures sécuritaires et politiques prévues par ces accords doivent être mises en œuvre de manière concomitante : nous en appelons à la responsabilité et à la bonne volonté de toutes les parties pour respecter leurs engagements. La reconstruction d’un ordre européen de sécurité solide fondé sur des principes communs passe par là.

3. Nous ne pouvons que regretter aujourd’hui la quasi-absence de la Russie dans cette commémoration et dans nos discussions. La Russie a des intérêts de sécurité qui doivent être discutés dans les enceintes de dialogue OTAN-Russie et à l’OSCE, tout comme elle a des intérêts économiques qui doivent être discutés avec l’Union européenne. La France a toujours été et demeure en faveur d’un dialogue franc et ouvert avec la Russie sur toutes les questions, y compris les questions de maîtrise des armements qui méritent de notre part une attention plus soutenue. Mais la Russie doit aussi, de son côté, donner des gages qu’elle veut se comporter comme un partenaire responsable de l’ordre de sécurité européen.

4. Commémorer les 40 ans d’Helsinki, c’est aussi fêter les 40 ans de l’OSCE, qui était à l’époque encore une conférence, et qui s’est maintenant transformée en organisation, même si elle n’en a que le nom (et non la personnalité juridique). Dans les temps difficiles que traverse l’Europe, l’OSCE s’avère plus utile que jamais, à la fois comme enceinte de dialogue et comme instrument de prévention et de gestion des conflits. Elle est incontournable dans la crise ukrainienne. Le travail qui est effectué dans l’organisation sur les questions de cyber-sécurité, de lutte contre la traite des êtres humains, de lutte contre le terrorisme et de prévention de la radicalisation, en particulier avec nos partenaires méditerranéens, est utile et de qualité. Je suis heureux que les implications du changement climatique sur la sécurité soient également mises à l’agenda de l’organisation, alors que la France va accueillir dans quelques mois la prochaine conférence des Nations Unies contre le changement climatique. Nous sommes prêts par ailleurs à travailler sur les propositions du panel de personnalités éminentes présidé par M. Ischinger, en vue de renforcer l’efficacité de notre organisation et l’architecture européenne de sécurité.

5. Avec ses partenaires de l’OSCE, la France est pleinement mobilisée sur tous ces sujets pour aider la présidence serbe à faire que cette année du quarantième anniversaire de l’Acte d’Helsinki coïncide avec des avancées concrètes pour consolider la sécurité européenne. Je vous remercie.

Dernière modification : 16/07/2015

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