Réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE Mauerbach 11 juillet 2017


Intervention de S.E. Véronique ROGER-LACAN, Ambassadrice,
Représentante permanente de la France à l’OSCE

La France est attachée à l’OSCE comme enceinte de dialogue coopérative sur la sécurité.

Le dialogue structuré sur la sécurité est une enceinte franche, ouverte, et constructive pour traiter toutes les questions de tensions inter étatiques de nature politico-militaire et identifier des solutions qui pourraient restaurer la sécurité en Europe, y compris à travers l’adaptation aux réalités actuelles et sur la base des accords d’Helsinki et de la charte de Paris, des instruments existants de contrôle des armements.

L’Ukraine est le sujet au coeur de notre engagement collectif, à l’OSCE, au sein du format Normandie et dans le groupe de contact trilatéral. Nous réitérons l’importance des accords de Minsk, seul cadre possible et existant de négociation, du respect du cessez-le-feu, et de la liberté de mouvement et la sécurité des observateurs de la mission spéciale d’observation en Ukraine.

S’agissant du Haut-Karabakh, en tant que co-présidents, avec la Russie et les Etats-Unis, nous agissons chaque jour par la voie diplomatique pour éviter une escalade militaire et la mise en danger des populations civiles, et avancer vers la résolution pacifique et durable de ce conflit.

Sur les institutions autonomes et la dimension humaine de l’OSCE, notre objectif est le retour à la pleine mise en oeuvre de l’acquis d’Helsinki et la protection des droits et libertés fondamentaux de chaque citoyen de l’espace OSCE, y compris dans le sens de l’universalité de la lutte contre l’intolérance et la discrimination.

Dans la dimension économique et environnementale, nous réitérons notre soutien à la présidence autrichienne en exercice ainsi qu’à la présidence kazakhe du comité idoine, dans leur engagement à faire de l’environnement et du climat, ainsi que de la connectivité, des domaines prioritaires de leur action.

Enfin, permettez-moi d’ajouter quelques mots sur la gouvernance de l’OSCE. Alors que les appels de certains Etats participants à une équitable répartition géographique des postes à responsabilité à l’OSCE se multiplient, nous souhaitons rappeler qu’un tel équilibre ne peut bien évidemment se réaliser qu’en parallèle à une équitable répartition de la charge du fardeau budgétaire et financier au sein de cette organisation. S’agissant de la France, et alors que le système actuel de répartition des contributions au budget de l’OSCE prend fin cette année, nous ne serons plus en mesure, en l’absence de réforme, de mobiliser nos parlementaires, notre opinion publique et le contribuable français en soutien d’un effort budgétaire au bénéfice d’institutions auxquels nous tenons, mais que d’autres Etats participants qui contribuent moins ou pas au budget de l’OSCE s’attachent à amoindrir.

Les activités de l’OSCE, dans chacune de ses dimensions de travail, politico-militaire, économique et environnementale, et dans la dimension humaine, doivent donc être réalisées au plus vite grâce à une juste répartition de la charge financière entre les 57 Etats participants à l’OSCE. Nous remercions la présidence autrichienne de l’OSCE pour les travaux qu’elle a fait réaliser dans ce sens et l’encourageons à poursuivre dans cette voie pour aboutir avant le 31 décembre.

Nous souhaitons, avec cette feuille de route, que la réunion ministérielle de Vienne soit un succès pour l’OSCE et pour sa présidence autrichienne.

Monsieur le Président en exercice, Excellences, Mesdames et Messieurs les ministres, je vous remercie./.

Dernière modification : 13/07/2017

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