Salisbury – Déclaration de l’Ambassadrice Roger-Lacan au Conseil permanent

Monsieur le Président,

Je remercie le Royaume-Uni pour les éléments d’information fournis sur la situation suite à la tentative d’assassinat de deux ressortissants russes sur son sol le 4 mars à Salisbury. Permettez-moi de renouveler auprès de notre allié britannique l’expression de soutien exprimée par nos plus hautes autorités et de l’assurer de toute notre solidarité. Nous sommes en étroit contact avec Londres et entre Alliés afin d’apporter une réponse à la hauteur de l’enjeu lié à cet événement.

Cette tentative d’assassinat par le recours à un agent neurotoxique de qualité militaire dans un lieu public, tel qu’elle nous a été rapportée et qui a affecté d’autres civils sur le territoire britannique, est totalement inacceptable. La France condamne fermement l’attaque de Salisbury. Les faits sont d’une extrême gravité. La réémergence de ces armes de destruction massive, en Europe comme ailleurs dans le monde, ne peut pas être tolérée. Elle bafoue les principes qui fondent la paix et la sécurité, elle sape l’architecture de non-prolifération et elle remet en cause la stabilité stratégique.

Nous avons toute confiance dans l’enquête actuellement menée au Royaume-Uni pour éclaircir au plus vite les circonstances de cette attaque. Depuis le début de la semaine, le Royaume-Uni a tenu la France étroitement informée des indices recueillis par les enquêteurs britanniques et des éléments démontrant la responsabilité de la Russie, Etat partie à la convention d’interdiction des armes chimiques, dans l’attaque. La France partage le constat du Royaume-Uni qu’il n’y a pas d’autre explication plausible et exprime à nouveau sa solidarité à l’égard de son alliée. Un tel usage d’arme chimique doit être puni. Les auteurs et les responsables de cette attaque doivent répondre de leurs actes.

La France n’acceptera jamais de laisser ceux qui utilisent ou développent des agents toxiques dans l’impunité. Comme vous le savez, nous nous sommes engagés dans cette voie, fin janvier, avec 24 Etats et organisations internationales, en lançant, fin janvier 2018, un partenariat contre l’impunité d’utilisation des armes chimiques, avec 24 États et organisations internationales. Nous apportons dans ce contexte notre plein soutien aux institutions existantes, notamment l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Comme souligné par le Président de la République et la Première ministre britannique, nos deux pays poursuivront leur coopération dans ce domaine, en particulier à l’OIAC, à l’ONU et à l’OTAN, en lien avec nos partenaires de l’Union européenne.

Nous devons plus que jamais rester mobilisés dans la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et contre l’impunité de ceux qui envisagent d’y recourir.

Dernière modification : 15/03/2018

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