Triangle de Weimar

Triangle de Weimar - Point de presse conjoint de Jean-Yves Le Drian, de Heiko Maas, et de Zbigniew Rau - Propos de Le Drian

Paris, le 15 octobre 2020

Au sein de l’Union européenne, il y a des formats qui nous rassemblent et qui font avancer l’Europe, c’est le cas du Triangle de Weimar qui aura trente ans l’an prochain.

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Mesdames et Messieurs,
Je voudrais vous dire tout le plaisir que j’ai à recevoir aujourd’hui mon collègue Heiko Maas et notre nouveau collègue polonais Zbigniew Rau, avec qui j’ai eu, par ailleurs, un entretien bilatéral ce matin.

Au sein de l’Union européenne, il y a des formats qui nous rassemblent et qui font avancer l’Europe, c’est le cas du Triangle de Weimar qui aura trente ans l’an prochain. Nous y sommes profondément attachés, mais nous ne nous étions pas réunis depuis longtemps puisque la dernière configuration d’une réunion des trois ministres des affaires étrangères date de 2016.

Il était important que nous nous retrouvions, car ce Triangle de Weimar fait avancer l’Europe, en raison de ce que nos pays représentent et en raison de leur histoire. Qu’un Allemand, qu’un Français, qu’un Polonais travaillent ensemble pour promouvoir la paix, la sécurité, la démocratie, les droits de l’Homme, en particulier dans notre voisinage, ce n’est pas anodin, c’est ce que nous faisons aujourd’hui et c’est ce que nous avons fait ces derniers jours. Tout cela vient démontrer très concrètement la détermination des Européens à agir et à défendre leurs intérêts face aux crises qui, malheureusement, se multiplient.

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À la suite de l’empoisonnement de M. Navalny en Russie au moyen d’une arme chimique et face au refus de la Russie de clarifier les circonstances de ce crime, nous avons décidé collectivement, à l’initiative de l’Allemagne et de la France, des sanctions européennes contre les responsables de cet acte. Elles ont été décidées avec une rapidité exceptionnelle à la mesure de la gravité de cet acte et des moyens utilisés. C’est la démonstration d’une Union européenne qui agit face au nouvel emploi inacceptable et déstabilisateur d’une arme chimique.

Au Haut-Karabakh, nous appelons les parties à respecter le cessez-le-feu humanitaire qui a été conclu samedi dernier et à engager des discussions sans précondition sous les auspices des co-présidents du groupe de Minsk, les États-Unis, la Russie et la France. Et nous condamnons toutes les violences qui se poursuivent d’où qu’elles viennent. Il faut avoir conscience des risques pour notre sécurité et notre stabilité des ingérences étrangères, notamment de la Turquie, qui reproduisent sur ce théâtre des pratiques déstabilisatrices déjà constatées en Syrie ou en Libye.

En Biélorussie, la violence continue à s’exercer contre la population, qui ne demande rien d’autre que le respect de ses droits fondamentaux. Alexandre Loukachenko en est le responsable et nous sommes prêts à adopter des sanctions à son égard en même temps que nous continuerons à soutenir les efforts de médiation de l’OSCE pour faciliter un dialogue national inclusif.

En Méditerranée orientale, où l’Europe est prise à partie et testée à travers la politique de fait accompli que poursuit la Turquie, le Conseil européen du début octobre a été très clair, la balle est dans le camp d’Ankara. Nous sommes prêts à accepter le rapport de force en cas de poursuite de nouvelles provocations de la Turquie, même si notre objectif partagé est d’établir un véritable dialogue avec la Turquie.

Bref, sur ces points comme sur d’autres, parce que nous avons évoqué beaucoup d’autres sujets ce matin, nous essayons de faire avancer l’Europe dans ce cadre. Parce que nous voulons une Europe forte, forte partout où nous sommes pris à partie, je viens d’en parler, forte vis-à-vis de la Chine, forte pour être un vrai partenaire dans la relation transatlantique à laquelle nous sommes attachés.
Enfin, nous voulons aussi faire avancer l’Europe parce que nous avons des différences parfois entre nous, sur l’État de droit, sur les questions des migrations, mais nous en parlons parce que nous ne les minimisons pas, mais nous voulons faire en sorte de trouver des solutions, des compromis, des initiatives pour permettre sur ces sujets là aussi à l’Europe d’avancer.

Voilà dans quel état d’esprit de grande franchise et de grande positivité dans lesquelles nous nous sommes réunis ce matin et nous allons continuer nos discussions après ce point de presse rapide."

Dernière modification : 16/10/2020

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