Conseil permanent - Intervention de l’Ambassadrice Véronique Roger-Lacan sur l’Ukraine

Monsieur le Président,

Ma délégation s’aligne sur la déclaration qui a été prononcée par l’Union européenne mais je souhaiterais faire quelques remarques complémentaires à titre national, à la suite de la réunion ministérielle en format Normandie qui s’est tenue mardi 29 novembre à Minsk.

Mais tout d’abord, je tiens à remercier les Ambassadeurs Sajdik et Apakan pour leurs présentations et je salue leur engagement personnel et celui de leurs équipes pour la résolution pacifique du conflit.

A l’invitation des Ministres français et allemand, le représentant spécial de la présidence en exercice de l’OSCE M. Sajdik et trois des quatre coordonnateurs OSCE des groupes de travail ont présenté aux quatre de Normandie un état des lieux de leurs activités dans les domaines politique, sécuritaire, économique et humanitaire. Les discussions ont ensuite porté sur l’ensemble de ces sujets.

Dans le domaine humanitaire, les parties ont discuté de l’accès du CICR aux prisonniers des deux côtés de la ligne de contact. Les Ministres russe et ukrainien ont accepté le principe d’une visite du président du CICR, M. Maurer, dans les zones séparatistes, d’ici la fin de l’année. Ils ont décidé de poursuivre le travail afin d’arriver à un échange d’un nombre significatif de prisonniers également d’ici la fin de l’année, en commençant par les prisonniers les plus vulnérables (blessés, malades notamment).

Dans le domaine économique, les ministres français et allemand ont plaidé pour une reprise des réunions du groupe de travail économique, afin notamment de permettre la signature d’un contrat indispensable à la poursuite de la fourniture d’eau à 1,2 millions de personnes en zone séparatiste (Lugansk).

Sur la question des accès, les Ministres français et allemand ont incité leurs homologues ukrainien et russe à accepter la réouverture du point de passage de Zolote et à améliorer les conditions de passage sur l’ensemble de la ligne de contact, sans que des engagements fermes puissent être pris.

Les Ministres français et allemand ont fermement souligné le caractère inacceptable de l’accès toujours très difficile des ONG aux zones séparatistes et ont enjoint la Russie à agir sur ce point ; pour sa part, l’Ukraine doit faire face au paiement des pensions aux retraités en zones séparatistes.

Sur le volet sécuritaire, il n’a pas été possible d’obtenir d’engagement ferme sur la question du désengagement de la dernière des trois zones identifiées en septembre (Stanitsa Luganska). En dépit de cela, les ministres ont souhaité qu’un accord puisse être trouvé sur les quatre prochaines zones de désengagement, sur la base des propositions existantes.

Les Ministres ont rappelé l’objectif de l’adoption d’une feuille de route mutuellement acceptable, conformément à ce qui avait été discuté lors du sommet de Berlin du 19 octobre. Les travaux se poursuivent en ce sens.

J’ajoute que dans un point de presse, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a réitéré que la seule voie possible, pour gérer cette crise, est celle de la mise en œuvre pleine et entière des accords de Minsk, celle sans laquelle la véritable guerre que se livraient les parties et qui a causé 10 000 morts, se serait poursuivie.

Minsk, c’est un processus dans lequel nous maintiendrons notre engagement sans relâche pour que les populations civiles qui entament leur troisième hiver dans une précarité absolue puissent trouver un peu de répit, pour que la gravité de cette violation du principe de l’inviolabilité des frontières internationalement reconnues ne demeure pas sans suite.

Monsieur le Président,
Je vous remercie de bien vouloir annexer cette déclaration au journal de séance.

Dernière modification : 01/12/2016

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